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Patrimoine fruitier du Nord-Pas de Calais et de Wallonie

Patrimoine fruitier

La Wallonie et le Nord-Pas de Calais possèdent un patrimoine fruitier exceptionnel d’une rare diversité qui se retrouve également dans les différentes formes et modes de culture de leurs arbres fruitiers.  

Le Hainaut belge n’est-il pas reconnu comme le haut lieu mondial de la création de variétés de poires, qui a irrigué l’Europe et le monde de ses obtentions ?

Ces deux régions transfrontalières présentent à la fois des similitudes et des spécificités. La culture fruitière traditionnelle de vergers hautes-tiges (dite de « plein vent ») marque encore aujourd’hui les paysages de bocage de l’Avesnois (F)  ou du Pays de Herve (B) Lire la suite

Choisir

Avoir des arbres fruitiers est une véritable chance ! Abris pour la biodiversité, beauté d’un arbre en fleurs, source de plaisir que procure la cueillette, joie des papilles en dégustant des fruits aux textures et saveurs oubliées et étonnantes… Que l’on ait une pâture, un petit ou un grand jardin, à la campagne ou en ville, chacun peut se créer un jardin fruitier adapté à ses besoins et aux contraintes de place.

La création d’un jardin fruitier ne s’improvise pas, elle doit être réfléchie pour faire coïncider au mieux les contraintes de son environnement et ses envies. Plusieurs paramètres sont à prendre en compte :

Le choix du terrain

Les fruits aiment le soleil. Chaleur et lumière constituent ainsi les deux premiers critères auxquels le terrain doit répondre. Un sol inondable, détrempé en permanence est défavorable à la croissance et à la santé des arbres. Une cuvette humide, un vallon encaissé où l’air froid s’accumule sont propices aux gelées tardives et ne conviennent pas à l’installation d’un verger. Les gelées tardives affectent les boutons floraux et donc la production fruitière. La présence d’une haie brise-vent est un atout. Le sol doit être suffisamment profond (50 cm à 1 mètre de terre fertile) pour assurer un ancrage solide des racines.

L'espace disponible

La grandeur et l’étalement de l’arbre fruitier à l’âge adulte sont souvent sous-estimés lors de la plantation. Ces derniers dépendent de plusieurs facteurs : l’espèce fruitière, la forme fruitière adoptée lors de la taille de formation, principalement la vigueur du porte-greffe sur lequel a été greffée la variété et dans une certaine mesure, la vigueur de la variété elle-même. Par ailleurs, un sol peu fertile peut réduire l’étalement des arbres. Ces facteurs déterminent les distances de plantation entre chaque arbre.

La forme fruitière choisie peut être extrêmement diversifiée : arbre haute-tige, demi et basse-tige, arbre palissé. Par exemple, pour le pommier, le choix peut se porter sur un arbre haute-tige qui peut atteindre 12 mètres à l’âge adulte, alors qu’un pommier basse-tige n’atteindra sur porte greffe faible que 3 à 4 mètres. Ces formes sont déterminées par le choix du porte-greffe. En général, plus le porte-greffe est vigoureux et moins l’arbre sera dépendant de vos soins et/ou de la qualité du sol.

Les formes palissées permettent un superbe gain de place. Dans ce cas, les arbres sont plantés au sein d’un enclos, le long d’un mur, contre la façade d’une maison ou encore en contre-espalier, palissés sur des lattes et des fils. Ces formes vous demanderont néanmoins plus de soins et de savoir-faire.

Les espèces et variétés fruitières

Le choix des espèces est conditionné par les conditions climatiques de chaque sous-région en Nord-Pas de Calais et en Wallonie. Figurent principalement le pommier, poirier, prunier et le cerisier, mais aussi le pêcher, le noyer, le cognassier, la vigne et enfin le néflier. Le choix des variétés est quant à lui plus délicat, il dépend entre autres des critères suivants:

  1. En premier lieu, la qualité gustative des fruits et/ou l’usage principal souhaité : fruits de table, à cuire, confection de jus, gelée, compote, de cidre ou de poiré…
  2. La période de maturité des fruits. Souhaite-t-on déguster une bonne pomme précoce en août, une pomme de garde en février ? Lorsque la place disponible le permet, il est conseillé d’opter pour une grande diversité de variétés dont la maturité s’étale au cours des saisons.  Opter pour une plus grande proportion de variétés tardives et de bonne conservation..
  3. Un autre critère important est la pollinisation. De nombreuses variétés fruitières de  pommiers, depoiriers, cerisiers et  certaines variétés de pruniers n’ont pas la faculté de se féconder avec leur propre pollen. Elles ont besoin d’être pollinisées par le pollen d’une autre variété. Il convient donc de planter aux moins deux arbres de variétés différentes fleurissant à peu près à la même période. Ce critère est d’autant plus important lorsque vous plantez des variétés dont la floraison est soit très précoce ou très tardive et lorsque vous plantez peu de variétés de chacune des espèces.  Certaines variétés ont également un pollen de mauvaise qualité. Elles peuvent recevoir le pollen des autres, mais ne peuvent en donner. Les variétés de pêchers, de griottes et de nombreuses prunes sont dites « autofertiles », ce qui veut dire en principe qu’elles peuvent être plantées seules tout en produisant une abondante récolte.
  4. La sensibilité aux maladies et la rusticité est le critère le plus important. Le choix doit se porter sur des variétés rustiques, peu sensibles aux maladies et « vivant avec », ne nécessitant pas de traitement phytosanitaire. Moins l’environnement est propice à la culture des arbres fruitiers, plus ce critère devient prépondérant. Une sélection de variétés recommandées et diffusées par le CRA-W (variétés « RGF-Gembloux ») et le CRRG (variétés relancées via l’opération « Plantons le Décor »), offre une large gamme de variétés qui peuvent être cultivées sans traitement.  Ces variétés  ont été sélectionnées grâce à des essais pluriannuels dans des vergers expérimentaux.  D’autres variétés anciennes et méritantes figurent aussi dans les catalogues  des pépiniéristes.

Rendez-vous dans Documents/ Aide aux choix de variétés.

Un clic sur le bouton ci-dessous devrait pouvoir vous aider dans ces choix

Identifier - Sauvegarder

Une énorme diversité de variétés fruitières de pommes, de poires, de prunes, cerises était présente dans les anciens vergers de Wallonie et du Nord-Pas-de-Calais. Crées de tout temps par des paysans ou bien par des notables  « éclairés » à partir du 18ème siècle, chaque variété a été sélectionnée pour des besoins et usages précis. Lire la suite

Identifier une Pomme

Les variétés fruitières sont identifiées, et reconnaissables les unes aux autres, grâce à différents critères qui concernent bien sûr le fruit, mais aussi l’arbre et son environnement. Chaque  variété pourra être identifiée avec plus ou moins de certitude  grâce à un ensemble de critères qui lui sont propres.

Le fruit est l’organe privilégié, indispensable pour la reconnaissance variétale. Pour avoir plus de chances de pouvoir déterminer le nom d’une variété, il faudrait observer de 5 à 10 fruits par variété et non 1 seul ! Certaines variétés présentent en effet des fruits qui vont plus facilement varier de forme, de couleur et surtout de calibre selon l’année, les conditions de culture, le type de porte-greffe, l’âge de l’arbre,…Par exemple, les fruits situés au centre de l’arbre sont nettement moins colorés que ceux situés au sommet ou à l’extérieur de la couronne.

Cependant, l’observation de l’arbre, les périodes de maturité et la connaissance de données sur son environnement donnent des indices très précieux pour permettre l’identification d’une variété.

Certaines variétés ont aussi des caractères distinctifs marqués : par exemple, la pomme ‘Gueule de Mouton’ a une forme générale d’une tête de mouton, en ‘pointe’ ou dit aussi « tronconnique allongé » qui lui a donné son nom. Son arbre est, de plus, élancé, très vigoureux et avec de nombreuses branches.

Le module développé sur ce site est une première approche de la reconnaissance variétale, rien ne remplace l’humain ! Il devrait pourtant vous aider à identifier vous-même certaines de vos variétés. Munissez-vous d’un échantillon représentatif de la diversité de formes et aspects des fruits de votre arbre et interrogez la base de données en fonction des critères que vous pensez le mieux décrire vos fruits (taille du fruit, longueur du pédoncule, maturité, etc.). Ce module prend en compte les 120 variétés de pommes les plus communément rencontrées en Wallonie et dans le Nord-Pas de calais, variétés anciennes mais aussi modernes vendues dans les jardineries. Si vous souhaitez que nous identifions vos fruits, faites-les nous parvenir par lot de 3 à 5 fruits dans des sacs numérotés, accompagné du formulaire de demande d’identification complété.

Sauvegarder les variétés de fruits

D’innombrables variétés anciennes ont bien failli disparaître à tout jamais, à cause de la standardisation de la gamme variétale accélérée dès la fin de la deuxième guerre mondiale, puis à cause de l’arrachage massif des arbres de plein vent dans les pâtures suite aux primes européennes des années 1970 et à l’intensification de l’agriculture.

Alors que l’on peut recenser dans le monde pas moins de 10 à 15.000 variétés de pommes, actuellement, plus que cinq variétés commerciales représentent à elles seules plus de la moitié de la production mondiale. Dans nos anciens vergers de Wallonie et du Nord-Pas de Calais, on trouvait jadis une grande diversité de variétés fruitières dont les plus connues en  pommes sont par exemples les différents types de « Belle-Fleur », la ‘Reinette Etoilée’, la ‘Colapuis’, la ‘Jacques Lebel’, la ‘Reinette de France’, la ‘Court-Pendu’,… Ces quelques anciennes variétés « phares » ne représentent que le petit sommet de l’iceberg car il s’agit bien de plusieurs centaines de variétés - souvent d’origine paysanne - de pommes, de poires, de prunes, cerises,… soit une énorme diversité qui  étaient  encore présentes dans nos campagnes. Que sont devenues ces variétés ? Ont-elles disparu ? L’agriculture est en perpétuelle  évolution, cela engendre la culture de nouvelles variétés alors que certaines disparaissent et s’éclipsent. Ce processus est logique car il est fonction de l’évolution du contexte économique et sociétal. Préoccupante est, par contre, l’accélération foudroyante des dernières décennies du phénomène de disparition d’anciennes variété, d’anciens vergers hautes tiges  et donc d’une biodiversité utile à la vie de l’homme. Heureusement que pour les arbres fruitiers, une vaste action de sauvegarde de ce patrimoine historique, culturel et scientifique s’est développée juste à temps… et que récemment, des actions sont en cours en matière de sauvegarde du patrimoine légumier et de variétés anciennes de fraises. Lire la suite

Les arbres remarquables

Un recensement des arbres fruitiers remarquables a eu lieu en 2011 et 2012 dans un territoire limitrophe aux deux régions : côté français, le Parc naturel régional de l’Avesnois, et côté belge, la zone sud Entre Sambre et Meuse dont le Parc naturel Viroin-Hermeton. Partenaire de l’opération, ses membres furent particulièrement actifs pour aider à réaliser cet inventaire..

L’arboriculture traditionnelle y a façonné de manière remarquable certains paysages ruraux : hautestiges dans les pré-vergers pâturés, fruitiers palissés sur les façades des maisons, haies fruitières... Ces arbres fruitiers sont des éléments emblématiques des paysages de bocage de ces deux régions, greffés avec de nombreuses variétés anciennes, aux qualités gustatives reconnues dont certaines sont en voie de disparition.

Ce recensement a permis de mettre en évidence une particularité régionale, les arbres palissés, en grande partie des poiriers. Plus de 600 vieux arbres fruitiers accolés aux façades des maisons ont été dénombrés et 60 en contre-espalier (palissage sur fil et piquets). Ces arbres sont complètement intégrés dans l’architecture des maisons, produisant parfois de véritables sculptures vivantes. Plusieurs hypothèses peuvent être formulées quant au but recherché par les propriétaires : Obtenir des fruits de qualité grâce au micro climat du mur ? Diversifier la production de fruits  ? Embellir la façade de la maison ? Lutter contre l’humidité du sol au pied du mur ? Cette forme très originale  de conduite d’arbres fruitiers est aujourd’hui en grand danger. Les arbres ne sont plus entretenus avec la disparition des savoir-faire locaux.

Seuls les arbres les plus remarquables sont présentés sur ce site.

 

Greffer - Planter - Tailler

Avant de planter un fruitier, il convient de prendre en compte plusieurs aspects particulièrement importants pour un développement harmonieux de l’arbre: le choix de la variété (l’usage de ses fruits), ses qualités de rusticité et son adaptation au terroir, le choix du porte-greffe plus ou moins vigoureux qui déterminera la hauteur et la distance de plantation à respecter, l’orientation par rapport à la lumière et aux vents dominants…Tous ces éléments sont traités dans le chapitre "Choisir". Passons maintenant à la greffe, la plantation, la taille...

Greffer

Chaque pépin de pomme ou de poire, issu de la fécondation de deux variétés différentes, donne naissance à une nouvelle variété potentielle. Chaque pépin est génétiquement unique. La greffe se définit comme une forme de multiplication végétative, c’est-à-dire qu’elle permet de multiplier à l’identique et en de nombreux exemplaires, une même variété. Dans la nature, on peut voir des arbres se toucher et pousser en fusionnant leurs branches ou leurs troncs. Spontanément, les parties d’une plante qui se touchent et, par frottement, vont blesser leurs écorces respectives, vont développer au niveau de leur cambium, des cals de cicatrisation. Ceux-ci vont progressivement se souder littéralement et pour ensuite, ne plus former qu’un seul et même arbre. Il est vraisemblable que l’observation de ce phénomène a permis à l’homme d’en tirer parti en apprenant à le maîtriser et à l’artificialiser. A l’heure actuelle, la greffe continue d’être la méthode de multiplication la plus courante dans toutes les pépinières horticoles et prend même un essor dans certaines cultures maraîchères (tomates, melons, poivrons,…). La greffe est donc l’union d’une partie d’une plante avec celle d’un autre sujet qui assure le système racinaire. Les deux parties pousseront ensemble et donneront naissance à un arbre.  On est donc amené à travailler avec deux éléments : celui qui reçoit la greffe et qui présente des racines, nommé en Wallonie « sujet porte-greffe » (S.P.G.) et dans le Nord-Pas de Calais « porte-greffe », et la partie greffée de la variété que l’on désire multiplier qui est appelée ‘greffon’.  De nombreux porte-greffes sont multipliés par marcottage ou bouturage alors que d’autres appelés communément ‘francs’ sont issus de semis.  Chaque porte-greffe possède sa propre vigueur, son propre système racinaire, sa propre adaptation au sol et au climat.

La brochure technique ci-jointe présente l’intérêt du greffage et les périodes adéquates. Elle donne des repères pour le choix des différentes techniques de greffage et le choix du sujet porte-greffe. Des conseils sont donnés pour le prélèvement du greffon. Elle présente en détail une des techniques de greffage, « la greffe à l’anglaise améliorée » et la plantation et la conduite du scion en pépinière.

Planter

La plantation se réalise de fin novembre à fin mars, pendant le repos végétatif de l’arbre. Veiller cependant à ne pas planter par période de grand gel, ni dans un terrain détrempé.

Pour augmenter les chances de reprise, il est toujours bon de préparer les racines en taillant les plus abimées et les plus tordues. On peut également « praliner » les racines, c’est-à-dire des tremper dans un mélange d’argile, d’eau et éventuellement de bouse de vache pour obtenir une consistance de type ‘pâte à crêpe’.

Le trou de plantation doit être assez large et profond, proportionnel au volume de racines des arbres à planter. Le fond du trou sera bêché afin d’ameublir la terre et idéalement on prévoira un amendement organique (p. ex. du compost) et/ou du fumier qui sera apporté à moins de 15 cm de la surface du sol afin de favoriser son processus de décomposition grâce à la vie microbienne du sol.

Tuteurer votre arbre. Le tuteurage doit avoir lieu tout au long de la vie de l’arbre si le greffage a été fait sur des porte-greffes faibles (‘Cognassier A’ pour poirier, ‘M9’ et ‘M26’ pour pommier, ‘St Julien A’ pour le prunier). Dans le cas d’arbres greffés sur des porte-greffes de vigueur moyenne ou forte, le tuteur pourra être plus mince et devra pouvoir résister durant les cinq premières années. Pour éviter tout dégât lié à la présence de rongeurs, grillager le fond et les bords du trou de plantation tout en rabattant le grillage sur la base du tronc. (Voir fiche protection contre les ravageurs et le bétail).

Enfin, si vous plantez votre arbre dans une pâture, protéger l’arbre contre le bétail en plantant 3 à 4 grand piquets tout autour du tronc. Entourer le tout d’un grillage et de fils barbelés.

Attention, lors de la mise en terre de l’arbre, il est primordial de ne pas enterrer le point de greffe (Cfr. Figure ci-contre) sinon l’arbre va « s’affranchir », c’est-à-dire que la variété greffée va prendre le dessus sur le porte-greffe qui ne jouera alors plus son rôle. Ci-joint un mémento pour la plantation d'un verger Haute Tige.

Le CRA-W comme le CRRG ont constitué, chacun dans son pays, un réseau officiel de pépiniéristes multiplicateurs de leurs variétés.  Ces deux  réseaux  sont approvisionnés chaque année en bois de greffe grâce  à un partenariat avec le Parc à bois du ‘Centre d’Essais Horticoles de Wallonie’ (CEHW) à Ormeignies.

Afin d’offrir la garantie optimale certifiant l’identité des variétés, certains pépiniéristes belges adhèrent depuis cet automne 2013, à la charte de qualité ‘CERTIFRUIT’ ; charte qui a été mise en place de façon participative par le CRA-W.

Téléchargez ici  la liste pdf des pépiniéristes 'CERTIFRUIT' ou recherchez 'pépiniéristes' via le menu 'Adresses utiles'.

Côté Français, vous pouvez commander vos arbres sur le site Plantons le Décor: catalogue de commande groupée de végétaux bien adaptés au Nord-Pas-de-Calais.

Tailler

La conduite de l’arbre fruitier se base essentiellement sur de l’élagage.  L’élagage dans notre contexte, consiste à réaliser une sélection de branches sans tailler ou supprimer  leur extrémité et à couper à leur base,  les branches jugées superflues. Alors que la taille consiste en la suppression de parties plus ou moins importantes d’extrémités de branches, l’élagage vise à supprimer ou renouveler une branche en la coupant à sa base d’insertion avec le tronc. Cet élagage de formation est une opération fondamentale pour obtenir de beaux fruits et de façon la  plus régulièrepossible. Il doit permettre un développement harmonieux de l’arbre et a une  influence bénéfique sur sa durée de vie.

Deux élagages sont à distinguer en fonction de l’âge de l’arbre :

  • L’élagage de formation durant les 5 premières années de l'arbre,
  • et l’élagage d’entretien et de renouvellement durant la vie de l’arbre.

Dans le cas des arbres en formes libres - buisson, demi-tige, haute tige -, sur la base de notre expérience de près de 15 ans, nous proposons le développement du système de conduite en « axe vertical » inspiré des travaux de Jean-Marie LESPINASSE (INRA de Bordeaux).  Il s’agit d’un élagage qui vise  à obtenir un bel axe central dominant, autour duquel se répartissent de façon équilibrée des branches secondaires qui, suivant l’âge sont des branches fruitières et en vieillissant, deviennent des branches qui peuvent être comparées à des branches charpentières. Il s’agit d’une conduite douce, simple, s’inspirant de la forme naturelle des arbres, assurant une production rapide et élevée de fruits de qualité, une bonne résistance des branches et enfin, qui ne nécessite que peu de temps pour sa réalisation.  Les arbres conduits de cette façon prennent une envergure nettement plus réduite, développent des branches qui s’arquent naturellement sous le poids des fruits et dont la flèche monte un peu plus haut que les formes classiques. Si l’élagage de formation a correctement été réalisé, l’arbre peut se développer par la suite sans de lourdes interventions d’entretien.

L’objectif premier de cette conduite est d’obtenir une cime aérée, d’assurer une bonne pénétration de la lumière au cœur de l’arbre de telle façon que chaque branche reçoive de façon équitable sa dose de lumière et de sève.  Les résultats obtenus conduisent à une moindre sensibilité aux maladies liée notamment à une bonne aération de toute la ramure et à un séchage plus rapide des feuilles et des fruits.

La brochure technique ci-jointe détaille ces principes de la taille.

Acheter - Transformer

Retrouvez sous ce chapitre nos producteurs & transformateurs de fruits.

Acheter des fruits

‘Reinette Etoilée’, ‘Court-Pendu Rouge’, ‘Jacques Lebel’, ‘Cabarette’, ‘Reinette de France', poire ‘Saint Mathieu’, autant de variétés anciennes qu’il est aujourd’hui impossible de se procurer dans les grandes surfaces. Ces variétés restent heureusement commercialisées chez quelques arboriculteurs régionaux, en vente directe à la ferme ou sur les marchés, parfois en magasin de producteurs.

Pour des adresses, recherchez 'Fournisseurs de fruits' (en contruction) dans les 'Adresses utiles' ou téléchargez la liste pdf des producteurs de pommes bio en wallonie fournie par BioWallonie.

Transformer des fruits

Lorsque que l’on récolte de grandes quantités de fruits, les transformer en jus offre l’opportunité de valoriser et de profiter pleinement de sa production.

Recherchez 'Transformateurs' dans les 'adresses utiles' pour obtenir la liste des professionnels offrant un service de transformation des fruits en Wallonie et dans le Nord-Pas de calais ou téléchargez le supplément à l'agenda trimestriel Au Fil des saisons (Automne 2010):  Fabrication à façon de jus et sirop.

Patuline et jus de fruits

Chez les professionnels, des systèmes de gestion de la qualité sont mis en place pour garantir la sécurité alimentaire des produits mis sur le marché. Chez les particuliers, ces systèmes peuvent faire défaut, ce qui peut présenter certains risques liés à la présence d’une toxine produite par des moisissures. Une des moisissures les plus courantes rencontrée sur les fruits est de type Penicillium (« moisissure bleu »); elle a la particularité de produire de la patuline.  La présence de cette toxine, même naturelle peut présenter, en cas de forte concentration, des risques graves pour la santé humaine. Afin de protéger les consommateurs, l’Union Européenne a fixé la teneur maximale en patuline pouvant être présente dans les jus de pommes à 50 µg par kilogramme de jus.

Des mesures pratiques et simples peuvent être appliquées par les particuliers pour augmenter la sécurité des produits fabriqués à partir de leurs pommes : préférer la cueillette au ramassage des fruits ; si ramassage, sélectionner les fruits les plus sains, les laver à l’eau claire et surtout, s’organiser pour que les fruits soient transformés et pasteurisés dans un délai de maximum 3 à 5 jours après ramassage.

Retrouvez sur cette fiche des informations plus complètes sur la patuline.

Espaliers / Arbres palissés

Les espaliers

La véritable origine des espaliers n’est pas connue. Il est probable qu’il y ait eu une continuité dans leur création, avec au début la construction de murs près de rangées d’arbres en formes libres qui ont été ensuite élagués afin de pouvoir les placer plus près du mur. Puis après, une diminution de l’épaisseur des arbres pour arriver à les réduire en un plan. Les premiers témoignages écrits remontent au traité de Conrad Gessner, publié en 1561. Olivier de Serres, Claude Mollet (1605) et Jacques Boyceau sont les premiers auteurs à évoquer les espaliers sur murailles. Cette culture devait cependant déjà être connue depuis longtemps, car aucun d’eux ne la mentionne comme récente et les techniques de palissages étaient très perfectionnées. Une technique de palissage « à la loque » a été développée dans l’Est parisien, dans la région de Montreuil. Jean-Baptiste de la Quintinie, jardinier de Louis XIV, a développé et généralisé les techniques de greffage, de taille et de conduite d’arbres en espaliers au Potager du Roi à Versailles.

Les jardiniers ont inventé une fabuleuse diversité de formes d’arbres fruitiers : Cordons horizontaux et verticaux, palmettes Verrier, tridents, formes en U…, autant de formes, simples à parfois très complexes, nécessitant à la fois un investissement important en arbres formés et en palissage et un grand savoir-faire technique pour conduire et entretenir ses arbres.

La brochure technique ci-jointe évoque l’histoire des fruitiers palissés, présente les différentes formes rencontrées, les variétés de poires adaptées, et les techniques de palissage, de plantation et de taille. Enfin, elle détaille, étape par étape, la création d’une palmette oblique et horizontale, et l’entretien et la taille palmette verrier 4 branches préformée achetée chez un pépiniériste.